« L’éventreur d’architecture »

GORDON MATTA  CLARK ( 1943-1978) 

Gordon Matta-Clark est le fils du peintre surréaliste chilien Roberto Matta et de la designer nord-américaine Anne Clark. Il grandit à Manhattan et commence par étudier l’architecture à l’université de Cornell en 1962 à Ithaca, dans l'état de New York. En 1963, il part pour étudier la littérature française à la Sorbonne, à Paris. Il prend alors connaissance des philosophes français déconstructivistes et des situationnistes qui ont développé le concept du détournementCes concepts alimenteront son travail. Lorsqu’il revient à New York en 1969, la ville est au bord de la faillite, et une succession de politiques d’urbanisation absurdes en ont asphyxié des quartiers entiers. 

Il est célèbre pour ses « coupes de bâtiment », une série de travaux dans des bâtiments abandonnés. 

Il s’empare des bâtiments comme d’une matière à sculpter en perçant les cloisons, en découpant les planchers, en arrachant les revêtements 

Il révèle, par les structures éventrées, un coup de projecteur sur la transformation brutale d’un quartier pauvre new-yorkais que la municipalité laissait à l’époque se dégrader jusqu’à la décomposition. 

Les séries de photos « Bronx Floors » (1972-1973) et « Walls » (1972) en sont des exemples. En effet, c’est au début des années 1970 que Gordon Matta-Clark s’intéresse aux bâtiments abandonnés de quartiers déshérités comme le sud du Bronx suite à la construction d’une voie rapide pour automobiles Des quartiers promis à la destruction et vidés de leurs occupants. Le jeune artiste s’en empare comme matériau artistique. L’art est concret et réel en procédant à des ouvertures. Plus que les murs ou les planchers, il dit que ce sont les ouvertures qui l’ont toujours marqué, en tant qu’accès vers autrui et passages « vers d’autres espaces ». 

Il trace d’abord des formes géométriques dans l’espace puis les découpe. Son geste est bien entendu sculptural mais également social et métaphoriqueSous la forme de performances, elles permettent de « changer notre vision conventionnelle de l’espace » et d’ouvrir de nouvelles perspectives. Interroger ces espaces qui dirigent nos déplacements et révéler ce qui ne va pas.  

L’artiste évoque par- «l’industrie qui prodigue des "boîtes" en ville et en banlieue et s’assure par là une clientèle passive et isolée». 

L’art en action devient un outil révélateur de tout ce qui ne va pas, et notamment «l’industrie qui prodigue des "boîtes" en ville et en banlieue et s’assure par là une clientèle passive et isolée» disait-il.  Il interroge et déstabilise  les notions de module et de répétition chères à l’architecture moderniste. Il interagit également avec l’espace public et porte la voix à une jeunesse en rébellion contre l’autorité de l’architecte. Le graffiti ainsi prolifère. 

En même temps il met le doigt sur l'échec des politiques de la ville mais par ces gestes finis par rendre les espaces tout à fait inhabitables. 

Une « sur-destruction » qui ne peut au final que nous inciter à réfléchir sur notre environnement urbain. 

 

" The Ripper of architecture "

GORDON Matta - Clark ( 1943-1978) 

Gordon Matta-Clark is the son of the painter Chilean surrealist Roberto Matta and the designer North American-Anne Clark. He grew up in Manhattan and begins by studying the architecture at the University of Cornell in 1962 to Ithaca, in the State of New York. In 1963 it, share it to study French literature at the Sorbonne in Paris. It then takes knowledge of French philosophers déconstructivistes and of the Situationists who have developed the concept of diversion. These concepts will feed into its work. When he returned to New York in 1969, the city is on the verge of bankruptcy, and a succession of urbanization policies absurd have asphyxiated whole neighborhoods. 

It is famous for its "slices of building", a series of work in abandoned buildings. 

He seized the buildings as a matter of carving in drilling the walls, by cutting the floors, tearing the coatings.  

It reveals, by the structures éventrées, a spotlight on the brutal transformation of a poor neighborhood in New York that the municipality was at the time degrade to decomposition. 

The series of pictures "Bronx Floors " (1972-73) and " Walls " (1972) are examples. In effect, it is at the beginning of the 1970s that Gordon Matta-Clark is interested in abandoned buildings deprived areas such as the South Bronx following the construction of a fast track for automobiles. Neighborhoods promised to the destruction and emptied of their occupants. The young artist seizes as artistic material. The art is concrete and real by conducting openings. More than the walls or floors, he said that this are the openings that have always marked, as access to others and passages" to other spaces". 

It traces of first the geometric forms in space and then the cutting. His gesture is of course the sculptural but also social and metaphorical. In the form of performance, they allow to "change our vision of conventional space" and to open new perspectives. query these spaces which direct our movements and reveal what will not.  

The artist evokes By-there "the industry which provides "boxes" in the city and in the suburbs and ensures by there a passive clientele and isolated". 

The art in action becomes a tool revealing of everything that is not going to, and especially the "industry which prodigal of "boxes" in the city and in the suburbs and ensures by there a passive clientele and isolated" he said. It queries and destabilizes  the concepts of module and repetition dear to the Modernist architecture. It also interacts with the public space and door the voice to a youth in rebellion against the authority of the architect. The graffiti as well proliferates. 

At the same time it puts the finger on the failure of the policies of the city but by these gestures finished by make the spaces completely uninhabitable. 

A "on-destruction" who cannot in the end that encourage us to reflect on our urban environment.